Le potentiel créatif de la latence

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Article de mémoire : https://designvillefontaine.com/dsaa/diplomes-2022/le-potentiel-creatif-de-la-latence
Mémoire en entier : https://quentinbozon.fr/le-potentiel-creatif-de-la-latence.pdf

Résumé de la recherche

Frustration, énervement : nous avons tous déjà vécu ce sentiment devant un écran comme figé, à attendre qu’il réagisse, en vain. Pour cause, la latence est un des principaux problèmes étudiés dans les Interactions Homme Machine (IHM) afin de proposer une expérience fluide aux utilisateurs.

La latence se révèle être un obstacle pour interagir de manière fluide avec la machine. Plus nos appareils deviennent performants, plus nous sommes sensibles à chaque ralentissement. Pour le philosophe Hartmut Rosa, nous vivons à l’heure de l’accélération. Pris dans une logique de croissance illimitée, nous nourrissons ainsi un rapport purement utilitariste aux machines.

Dans ce besoin de rapidité, la latence est souvent perçue négativement. Pourtant, cela peut paraître paradoxal. Le terme latence vient du latin latens, signifiant caché ou dissimulé. Il désigne le temps écoulé entre une action et une réaction. Ce laps de temps n’est pas forcément visible, ni perceptible. Avec cette définition nous constatons que latence est beaucoup plus riche qu’un simple bug informatique. Je me suis alors demandé si nous pouvions utiliser ce délai pour créer de nouveaux usages et dispositifs.

Dans le cadre de ma recherche j’ai voulu me rapprocher du milieu des arts vivants et notamment celui de la danse. Dans cette discipline, les notions de corps, d’espace et de temps sont primordiales. J’ai eu la chance de pouvoir collaborer avec les danseuses et chorégraphes Natacha Paquignon et Laure-Anne Delfort. Ensemble nous avons conçu et co-écrit des expériences latentes. Chaque résidence est précédée et suivie d’entretiens pour évaluer les séance précédentes et concevoir les prochaines.  L’intégralité des séances étaient filmées. Cela nous permettait d’avoir un support pour échanger autour de leur ressenti et de la place de la latence dans chaque dispositif.

 

Larsen Vidéo

Avec les danseuses, nous avons imaginé un dispositif reprenant le principe du larsen vidéo. Une caméra filme les danseuses et projette ce qu’elle voit sur le mur, avec un délai induit par la chaîne technique. La captation vidéo crée des doubles informatique qui viennent dialoguer entre le danseur et son ombre du passé. Le reflet de la danseuse se retrouve décalé à cause de la lenteur de la machine. Une forme de présence passée ou future se matérialise alors. La latence prend une dimension spatiale qui sera liée au mouvement de la danseuse ainsi qu’au temps. Un jeu de concordance se crée. Par l’effet du hasard, la danseuse vient se synchroniser avec le double du passé, matérialisant ainsi une forme de présence. La latence donne accès à des mondes intermédiaires, c’est-à-dire à des réalités flottantes, situées entre le monde matériel et le monde immatériel. Ces mondes peuvent entrer en collision, dialoguer entre eux. Le réel et l’immatériel se répondent sur le même tempo tout en faisant différents mouvements.

en vidéo :

2e séance
https://youtu.be/RNGGoKXbNN4

1ere séance
https://youtu.be/i6kEgsQ6PC4

La latence permet aussi de révéler les mécaniques techniques liés à la caméra. Nous avons pu en exploiter quelques uns dans cette expérience :

Désynchronisation

Flash lumineux

Balance des blancs

La notion « double » est au coeur de ma recherche sur la latence dans l’informatique et la danse. J’ai cherché différentes manières de représenter visuellement le mouvement. Comment montrer la tension entre des phrases dansés et immobiles. J’ai alors imaginé différents dispositifs qui jouent sur des aspects différents de la latence. Vous pourrez retrouver la suite de ma recherche ainsi que l’ensemble des vidéos l’article dédié à mon sujet sur le site de mon école : https://designvillefontaine.com/dsaa/diplomes-2022/le-potentiel-creatif-de-la-latence

Cette année de DSAA à été réalisé en alternance dans l’entreprise Theoriz. C’est un studio de création Art et Technologie spécialisé dans la conception d’installations immersives et de spectacles audiovisuels innovants à Lyon. Ils m’ont offert la possibilité d’étudier la latence techniquement. Notamment comprendre ses sources, la manière de la diminuer ou compenser. J’ai aussi eu la chance de pouvoir accéder à un studio de tournage dans lequel j’étais entièrement libre de faire mes expérimentations et de travailler avec qui je voulais.

Retrouvez l’intégralité de ma recherche en format pdf ici :
https://quentinbozon.fr/le-potentiel-creatif-de-la-latence.pdf

Je me tiens à votre disposition pour vous communiquer d’autres photos, vidéos, schémas, ou quelconques explications.

Quentin BOZON

 

Niveau du diplôme : DSAA

Site Internet : https://www.instagram.com/quentin.script/