Co-randonner en ville

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La recherche se concentre d’abord sur la représentation de la ville par ses habitants et leur capacité d’action dans leur environnement quotidien. Un partenariat avec Keolis (réseau de transport urbain) sur les marches exploratoires, dispositif d’analyse de l’espace urbain par un groupe de médiatrices (public féminin volontaire qui questionne la sécurité des femmes en ville) permet de développer par l’observation, des outils de collecte de remarques et ressentis. Il en ressort entre autres que le déplacement en groupe renforce le sentiment de sécurité.

Partant de là, le projet propose trois situations critiques autour de la co-randonnée urbaine. Ces narrations illustrent, par l’absurde, une vision nuancée du collectif, dans une démarche de design fiction.

Une première version autoritaire de la co-randonnée expérimente les limites du concept. Ce mode de déplacement pédestre devient obligatoire. La ville se remplit d’injonctions mais se vide de sa population, les déplacements sont réglementés. La co-randonnée autoritaire transforme l’espace public en un simple lieu de passage dénué de vivre-ensemble.

En réaction à cette proposition, la deuxième narration se développe autour de la dimension ludique de la co-randonnée comme manière d’explorer l’espace urbain. Les rues deviennent une aire de jeux à ciel ouvert dans laquelle les habitants sont invités à déambuler. Bien que cette issue semble plus attrayante, elle repose sur une succession d’incohérences et interroge la volonté d’inclure les participants dans le processus. Ils peuvent parcourir l’espace public à leur guise mais sont restreints par l’organisation de leurs déplacements. Regroupés par leurs similarités, ils finissent divisés.

Enfin, une dernière version repose sur une approche statistique qui questionne le rôle des habitants dans la construction de la ville. Ces mêmes habitants se dotent d’outils qui leur permettent d’analyser l’environnement urbain. Ils réalisent ainsi toutes sortes de mesures avec l’objectif d’améliorer la ville à partir de leurs observations. Quel peut être leur niveau d’implication dans cette organisation urbaine ? Entre participant.e.s à une concertation urbaine et acteurs.ices de l’espace public, l’écart est important. Pour illustrer ces limites, ces statistiques fonctionnent avec des outils relevant de l’absurde qui ne répondent à aucun besoin concret.

La co-randonnée est un prétexte au questionnement de notre rapport à l’espace et aux autres.

 

    Images 1-2 — Collecte de données pendant les marches exploratoires
    Images 3 à 6 — La co-randonnée autoritaire
    Images 7 à 9 — La co-randonnée ludique
    Images 10 à 12 — La co-randonnée statistique

 

Niveau du diplôme : DSAA

Site Internet : https://www.instagram.com/_nimilena_/