Club Du Livre

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Les Clubs du Livre, apparus en France en 1946 au sortir de la Guerre, proposaient à leurs adhérents des titres par abonnement que ces derniers recevaient chaque mois par correspondance. Se présentant, de part leur principe de distribution, comme des solutions alternatives et viables au circuit du livre traditionnel, ils avaient pour ambition de reconstruire une bibliothèque idéale et accessible destinée au bibliophile de la classe moyenne émergente.

Les impératifs économiques et techniques liés à leur mode particulier de diffusion, qui ne destinent plus ces derniers à la vente en librairie, ont contribué, pour de nombreux maquettistes, à reconfigurer notre rapport à « l’objet-livre » en y développant un espace d’expérimentations et d’expression, à interroger le dialogue qu’entretient le contenu avec sa mise en forme.

Lors du début du semestre 3, j’étais très investie dans la vie associative et collective de l’atelier. Cette énergie s’est évaporée à causes des confinements, et a laissé un vide dans la façon que j’avais d’utiliser l’espace de l’école. À la sortie du deuxième confinement, avec mon camarade Noé Lancien, nous avons eu l’envie de créer un club de livre, qui prendrait la forme de réunion hebdomadaire entre élèves.

Ce club du livre s’envisage aussi comme un projet de graphisme. Chaque semaine, une forme vient annoncer le rendez-vous.

Ces annonces ne se fixent pas dans un vocabulaire formel défini, et évoluent en permanence. On pourra voir, d’une semaine à l’autre, une inscription monumentale sur le mur de l’accueil, des cartons d’invitation imprimés en sérigraphie, des vidéos postées en story, par mms, une installation dans le hall…

Au fur et à mesure, certains signes deviennent récurrent et commencent à constituer le début d’une sorte d’identité visuelle annoncant les réunions. La manicule, présente au centre de l’affiche, à été un symbole récurrent des annonces du club du livre. Une manicule est la représentation typographique d’une main fermée avec l’index tendu, originellement tracée en marge d’un manuscrit pour attirer l’attention du lecteur sur le passage en regard ou souligner son intérêt.

Plusieurs visuels font référence directe à « l’objet livre ». Aux signes emblématiques le composant, mais aussi à son processus d’impression. C’est une manière de rappeler la volonté physique du club du livre. Après les épisodes très numérisés du confinement, de rappeler notre envie et notre besoin de matérialité, de contact, tant dans l’objet qui vient nous réunir que dans la forme que viennent prendre nos réunions.

Au delà de sa fonction première, ce club du livre est un projet de graphisme, et politique.

« Des associations de ce type, c’est à dire ponctuelles, éphémères, très mobiles, en échappant à l’autorité des experts, des syndicats, ou des partis, introduisent dans le jeu politique, culturel, et social, une part d’inconnu, d’incontrôlable, qui est l’une des conditions d’expression du politique. » Annick Lantenois, Le vertige du funambule. 

Ce Club du livre, c’est pour moi autant un projet qu’une table de recherche. Les livres qui y ont étés présentés et discutés ont irrigués ma réflexion tout au long du semestre, et on consolidé mon désir de faire ensemble.

Niveau du diplôme : DNA option Communication

Site Internet : http://@salioujeanne