Terres Brûlées

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Terres Brûlées est une pièce de théâtre documentaire écrite et mise en scène dans le cadre de mon DNSEP. Elle vise à expérimenter des possibilités d’hybridation entre la pratique théâtrale et une réflexion de designer en explorant de nouvelles formes de « mise à vue » des documents dans un spectacle de théâtre du même registre.
À la genèse, le projet était une collaboration avec Cyndie Sobral, étudiante à l’ÉSAD Pyrénées de Pau. En effet, Terres Brûlées est le nom d’un plan fixe réalisé par cette dernière, filmant la région de Risca, au Portugal, métamorphosée par le feu. Elle immortalise un pique-nique improvisé, sur les cendres, où l’on retrouve sa grand-mère et d’autres femmes de sa famille, habitantes de la région.
Finalement, de ce projet commun n’en restera que le titre : ces Terres Brûlées. L’expression trouve un nouvel écho dans l’actualité, marquée par les feux en Amazonie, à Notre-Dame et en Australie. Le duo se remanie pour accueillir Élodie Déthelot, étudiante au conservatoire de Pau et ancienne membre des cours Simon, et trouve ainsi une nouvelle dynamique dans une approche d’avantage tournée vers notre rapport au vivant en tant qu’humanité, et donc, notre rapport à la mort. Les comédien•ne•s deviennent sure scène, des sorcier•e•s qui conjurent la mort en naviguant entre récits intimes et récits communs.
Les Artéfacts est le terme choisi pour désigner ces trois objets qui les accompagnent sur scène. Pierre Rabardel, sculpteur, l’utilise pour parler de tout instrument médiateur qu’il soit un objet matériel ou symbolique. Mais il est aussi, en SFFF, un objet magique produit ou ayant subi une transformation, même minime, par l’homme et qui se distingue ainsi d’un autre provoqué par un phénomène naturel. Dans le cadre de la SFFF, cette transformation tient dans un acte magique ou scientifique.
La votesteno « Immitatrice et musicienne hors pair, le couvercle ouvert, elle ne peut tenir sa langue »

vox testis steno
Voyez-vous le « vote » au pluriel ? Pourtant la votesteno n’a de commun avec l’urne que sa forme de boîte, quoique… à défaut de compter les voix, elle la donne aux absents. On reconnaît dans son nom le « test » lancé par le roadie dans le micro avant le concert, et sur les deux dernières syllabes, l’amorce d’un « tenor ». Son couvercle est comme une lèvre qui s’étire, ou le bec d’un oiseau trop bon imitateur.
Elle est une boîte de Pandore qui laisse s’échapper les mots plutôt que les maux. Par analogisme, la personne qui en fait l’usage deviendrait une sorte de divinité façonnée par la main du forgeron, et se démarquant par sa curiosité, ou plutôt, son indiscression à vouloir divulguer les conversations des autres.

 

Le fabulaturi « Notre secrétaire personnel, fin gribouilleur, il adore raconter des histoires, mais surtout : les dessiner »

fabula turis
Fabule-t-il aux éclats ou est-il un bistouri fabuleux ? Fabuleux, comme un outil
extraordinaire ou magique,
qui décortique et détache le discours
pour en extraire des palabres, figées ensuite par les illustrations du fabulaturi. Une tape à la suite de l’autre, c’est le signe pour lui d’accomplir son devoir. Exécutés derrière son pupitre, ces mouvements légers pourraient être ceux d’un•e chef•fe d’orchestre qui guide ce musicien des lignes, pour qu’il joue sa note en rythme avec les incantations des comédien•ne•s.

La mentabula
mentis tabula
« Table des pensées », « planche de l’esprit », « bureau des souvenirs », quelque soit le nom que l’on donne à ce plan horizontal, il est un espace d’exploration qui fait de la mentabula, le membre le plus occupé de ce trio.
À quelques lettres d’être une mandibule, cet os inférieur de la machoir qui nous permet de la mouvoir en laissant s’échapper consonnes et voyelles, elle est un support d’échange depuis les comédien•ne•s vers le public. Son journal, commme un catalogue de la mémoire, conserve une suite de réminiscences intimes ou de bribes d’archives qui se formalisent à l’écran. Comme l’on aurait le flashback d’un moment, la vidéo capture son environnement pour adresser son contenu à celleux qui regardent. Quand on manipule la mentabula, on adopte une démarche d’enquête, à la rencontre du bon document pour soutenir le récit.
lien vers la captation: https://youtu.be/z7YIkMF0lgs
lien vers le padlet: https://esad-pyrenees.padlet.org/quentin_lc/terres_brulees
démonstration des outils: https://vimeo.com/472576664   _   https://vimeo.com/472579425  _  https://vimeo.com/472579671

Niveau du diplôme : DNSEP

Site Internet : http://@astulotheque