Vers un design graphique libre

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Mon projet de diplôme fait suite à une expérience de stage au sein du studio Figures Libres à Arcueil et questionne la place d’outils de création libres et open source dans une pratique du design graphique. Le libre s’attache à rendre les outils, les savoirs et savoir-faire accessibles à tous, en garantissant la libre appropriation, modification et diffusion de logiciels ou d’œuvres grâce aux quatre libertés fondamentales du libre : utiliser, copier, étudier et modifier.

Mon sujet m’a plongé dans une démarche presque scientifique, avec des phases de recherches plutôt expérimentales, où je devenais mon propre cobaye, me confrontant à de nouveaux outils, étudiant leurs enjeux plastiques, graphiques et éthique. Beaucoup de questionnements ont émergé durant mon projet de diplôme, autour du logiciel/de l’outil et de son usage : comment se l’approprier, comment l’adapter à un usage spécifique, et comment le détourner pour en faire un usage alternatif.

Au cours de ma formation en design graphique, j’aurais souhaité entendre parler de logiciels, ressources et outils libres, et être amenée à me questionner davantage sur mes outils, autant que sur mes formes et intentions. Durant mon cursus, au mieux les logiciels libres étaient-ils évoqués, présentés, mais jamais proposés comme une alternative. Présupposé d’un apprentissage du design graphique ou réelle requête de la part du corps enseignant, il a fallu s’équiper de la suite Adobe, pour pouvoir plus tard s’adapter aux outils standards du milieu professionnel. Or, si l’on n’enseigne que ces logiciels, Adobe restera la norme en matière d’outils graphiques, par la standardisation de ces outils et l’application d’un modèle unique aux procédés de production, empêchant alors d’autres types de logiciels de se généraliser.

J’avais donc la volonté de remettre en question la place d’Adobe dans mon travail et dans mon quotidien d’étudiante en design graphique. Être en capacité de pouvoir faire sans Adobe, être libre de choisir mes outils et ne pas laisser mon travail dépendre d’une entreprise. Enfin, inclure le processus de création dans mon engagement en tant que (future) designer graphique, pour une conception plus éthique d’images éthiques. Le libre propose d’une part la libre appropriation, compréhension et maîtrise de son outil : se détacher d’une logique de consommation aveugle de la technique au profit d’une démarche consciente et réfléchie, où la maîtrise et la compréhension de son outil, qu’il soit numérique ou non, constituent un réel savoir faire, et où la technique laisse davantage percevoir sa rugosité. D’autre part, le libre revendique un libre accès au savoir, à l’information, à la culture et aux outils, ainsi que leur libre diffusion, et se rattache ainsi à différents mouvements culturels et artistiques, comme la culture hacker, les mouvements punk et DIY. La collaboration, l’entraide et le partage sont également des notions fortes associées au libre, qui propose une autre vision de la création, qui ne repose plus sur travail d’un·e auteur·ice ou d’une entité mais sur le travail collaboratif d’acteur·ice·s hétéroclites.

Il me tenait alors à cœur de partager mon cheminement réflexif, mon expérience, et transmettre un savoir, celui gravitant autour de la notion de logiciel libre, ce qu’il est, ce qu’il implique, mais aussi ses spécificités techniques et d’usage. Durant mes recherches, le design graphique a alors été tour à tour vecteur d’informations, support à la transmission et l’initiation, témoin d’une expérience, outil didactique, vulgarisateur. L’objectif étant alors de servir la démocratisation du logiciel libre dans cette idée que les outils, la création et l’information devraient être accessibles à tous·tes.

Niveau du diplôme : DSAA Design Graphique

Site Internet : https://www.instagram.com/numero_six.dg/