Uniques en leur genre

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Uniques en leur genre est un jeu de société qui a pour but de déconstruire et sensibiliser les enfants aux stéréotypes de genre.

 

Les stéréotypes de genre

Les enfants sont touchés dès leur naissance par des stéréotypes de genre (que ce soit de la part leurs parents, leur famille, les ami.e.s, ou encore par le personnel éducatif, les autres enfants, les livres, les dessins-animés, etc.). Les stéréotypes de genre sont des idées toutes faites, admises sans réflexion par un grand nombre d’individus, que l’on attribue à un groupe d’individus en fonction de leur sexe.

Ces stéréotypes renvoient aux rôles, valeurs et comportements qui sont définis culturellement comme étant féminins ou masculins selon le sexe biologique de l’individu.

Les garçons, ça ne pleure pas !”, “Le rose c’est pour les filles.”, “Les filles ça ne sait pas jouer au foot.”, “Les filles sont plus calmes que les garçons.”, “Les garçons sont plus forts que les filles.”, “Les filles sont nulles en maths.”… Ces stéréotypes de genre, souvent considérés comme naturels et innés sont en réalité socialement construits et enferment les enfants dans des rôles. Les attentes envers les filles et les garçons sont également différentes.

 

Véronique Rouyer, professeure en psychologie du développement à l’Université de Bordeaux affirme que vers 5 ans, les enfants savent autant de choses que les adultes sur ce qui est associé au masculin ou au féminin. Elle précise que l’enfant sait ainsi faire la différence que ce soit en matière de jouets, d’activités, d’accessoires ou encore de métiers (Brigitte Laloupe, Agnès Poirier, Léa Domenach, Jean-Paul Guirado, L’école du genre, épisode 2, L’intégration des codes).

 

L’effet Rosenthal & Jacobson et l’effet Golem

L’effet Rosenthal & Jacobson est une prophétie autoréalisatrice selon laquelle les performances d’un individu seront améliorées en fonction du jugement que portent les personnes de son entourage ou l’individu lui-même sur sa réussite.

L’effet Golem est l’effet inverse. Il s’applique si les compétences de l’individu sont jugées comme étant moins élevées et plus limitées, alors les probabilités de réussite de l’individu seront plus faibles.

En 2007, Huguet et Régner ont mené une étude sur 454 élèves de sixième et cinquième, un même test était présenté comme étant un test de géométrie à un premier groupe mixte et comme étant un test de dessin au second groupe mixte. Les filles du groupe test « de géométrie » ont obtenu en moyenne 21 points/44 et les garçons de ce groupe 24, tandis les filles du groupe « test de dessin » ont obtenu en moyenne 25/44 et les garçons 22,5/44 (Catherine Thinus-Blanc, Directrice de Recherche au CNRS, Pascal Huguet (DR), Isabelle Régner (MCF) CNRS & Université d’Aix-Marseille I, Femmes et sciences : La menace des stéréotypes sociaux de genre). L’intériorisation du stéréotype conduit à une baisse de l’estime de soi.

 

Les stéréotypes contribuent à ce que les filles et les garçons se cantonnent à certains domaines,  par exemple :

    34% des femmes et 34% des hommes pensent que les femmes ont plus de chances de réussir dans les filières littéraires.
    31% des femmes et 25% des hommes pensent que les hommes ont plus de chances de réussir dans les filières scientifiques que les femmes.
    46% des femmes et 42% des hommes pensent que les hommes ont plus de chances de réussir dans les filières sportives que les femmes. (PERCEPTIONS DE L’ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES EN FRANCE REGARDS CROISÉS – CSA Research – Trois échantillons : – un échantillon de 1 001 hommes âgés de 15 ans et plus représentatif de la population française masculine âgée de 15 ans et +, constitué d’après la méthode des quotas (âge, CSP, région, catégorie d’agglomération) – un échantillon de 1 259 femmes âgées de 15 ans et plus représentatif de la population française féminine âgée de 15 ans et +, constitué d’après la méthode des quotas (âge, CSP, région, catégorie d’agglomération) – Dont un sur-échantillon de 327 femmes âgées de 15 à 20 ans représentatif de la population française féminine âgée de 15 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas (âge, CSP, région) – Septembre 2016 _p.1)

 

Les objectifs du projet :

Le projet Uniques en leur genre s’appuie sur ces différents constats pour sensibiliser les enfants à ces enjeux et leur permettre d’exprimer et d’affirmer leur propre identité.

La société actuelle ne reconnaît que deux genres et exclut ainsi les minorités de genre qui ne se reconnaissent pas dans cette division de la société.

Ces genres sont hiérarchisés entre eux – les valeurs et comportements associés au masculin sont d’avantage valorisés par la société – les stéréotypes de genre conduisent donc inévitablement à des inégalités entre les femmes et les hommes.

Quelques exemples d’inégalités :

    19,8% des maires élu.e.s aux éléctions municipales de 2020 étaient des femmes (Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, LA PART DES FEMMES DANS LES CONSEILS MUNICIPAUX ET LES CONSEILS INTERCOMMUNAUX, Publié le 04/09/2020)
    4% des chef.fe.s d’orchestre étaient des femmes en 2016 (Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, infographie, égalité femmes/hommes : les 10 chiffres à connaître, d’après une étude Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes/DGCS-SDFE, 2016)
    0 femme dirigeait une entreprise du CAC40 en 2020 (La rédaction de LCI, Isabelle Kocher virée de la direction générale d’Engie : le CAC 40 n’a plus de patronne, 06/02/2020)
    2% des rues portent des noms de femmes (Union française Soroptimist, étude menée sur 63 500 rues dans 111 communes françaises, 2014)
    Les hommes gagnent en moyenne 19,2% plus que les femmes (Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, infographie, égalité femmes/hommes : les 10 chiffres à connaître, d’après une étude Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes/DGCS-SDFE, 2016).

 

Le jeu Uniques en leur genre s’inscrit dans cette recherche de sensibilisation. Il est un support ludique pour parler des stéréotypes de genre aux enfants de 3 à 8 ans. Il est composé de deux niveaux : un premier niveau pour les enfants de 3 à 5 ans et un deuxième niveau pour les enfants de 6 à 8 ans.

Un sondage effectué auprès de 100 parents d’enfants de 2 à 8 ans dans le cadre du projet montre que 98% des parents pensent que les enfants peuvent être touchés par les stéréotypes de genre et 93% pensent que la sensibilisation des enfants à l’aide d’un support ludique et adapté à l’âge des enfants serait une bonne idée pour lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes.

Pour construire la réflexion autour de ce projet, le savoir et l’expérience de professionnel.le.s ont été mobilisés. Des entretiens ont été menés avec une maître de conférence spécialisée en psychologie sociale et du travail à l’Université de Lille, qui axe ses recherches sur les stéréotypes de sexe, l’éducation et l’asymétrie sociale, qui a été chargée de mission « égalité femme-homme » à l’Université Lille III, 5 professeur.e.s des écoles, une ATSEM, 2 éducatrices spécialisées, 2 assistantes maternelles, une agente sociale avec la fonction d’auxiliaire de crèche et une professeure documentaliste en collège chargée de mission « égalité femme-homme ».

 

Uniques en leur genre est un jeu d’imitation/de mime pour les enfants. Il repose sur trois séries de cartes : les cartes métiers, les cartes actions du quotidien et les cartes sports que les enfants doivent imiter à l’aide de petits accessoires pour le premier niveau (3-5 ans) et sans accessoires pour le second (6-8 ans).

 

Le but de ce jeu est de mener une petite discussion grâce à l’adulte qui encadre le jeu et pose des questions pour savoir ce que l’enfant ressent, s’il ou elle a l’habitude de voir une fille ou un garçon faire cette activité, si cela se passe comme ça à la maison, si l’enfant pense qu’une fille peut faire cette activité ou ce métier, si un garçon peut le faire, s’il y a des activités ou des métiers réservé.e.s aux filles ou aux garçons… afin de mener une réflexion sur les stéréotypes de genre avec les enfants.

 

Les règles du jeu

Contenu de la boîte de jeu :

    1 plateau de jeu
    3 séries de 8 cartes : 8 « cartes métiers », 8 cartes « actions du quotidien » et 8 cartes « sports »
    46 accessoires, pour chaque carte, il y a 1 ou 2 éléments représentatifs permettant aux enfants d’imiter le métier, l’action ou le sport
    1 dé
    4 pions
    1 livret explicatif sur les stéréotypes de genre et les règles du jeu

 

Le jeu se joue de 2 à 4 joueur.se.s ou de 2 à 4 équipes et il est composé de 2 niveaux : un niveau pour les 3-5 ans et un niveau pour les 6-8 ans

Durée : 15 à 20 minutes

 

niveau 1 :

    Les joueur.se.s choisissent chacun.e un pion.
    Tou.te.s les joueur.se.s placent leur pion sur la case « départ ».
    Le ou la premier.ère joueur.se lance le dé et se rend sur la case de la couleur indiquée la plus proche.
    Il ou elle tire une carte de la couleur correspondante à la couleur de la case (une carte « métier » si la couleur indiquée est le bleu, une carte « actions du quotidien » si la couleur indiquée est le jaune ou une carte « sports » si la couleur indiquée est le rouge) et la regarde sans la montrer.
    Le ou la joueur.se imite le métier, l’action ou le sport figurant sur la carte à l’aide du ou des accessoires correspondants à sa carte présents dans la boîte de jeu.
    Les autres joueur.se.s doivent deviner le métier, l’action ou le sport que le ou la joueur.se imite.
    Si le métier, l’action ou le sport imité.e est deviné.e, alors la personne adulte encadrant le jeu posera une question comme par exemple ce que l’enfant ressent, s’il ou elle a l’habitude de voir une fille ou un garçon faire cette activité, si cela se passe comme ça à la maison, si l’enfant aimerait pratiquer ce sport, s’il ou elle pense qu’il ou elle ne peut pas pratiquer certains sports, si l’enfant pense qu’une fille peut faire cette activité ou ce métier, si un garçon peut le faire, s’il y a des activités ou des métiers réservé.e.s aux filles ou aux garçons… pour mener à une petite discussion avec les enfants. Le ou la joueur.se pourra, au prochain tour, lancer le dé et avancer de nouveau sur la case indiquée pour mimer une nouvelle action. La carte utilisée est replacée dans la pioche de cette série de carte.
    Si le métier, l’action ou le sport imité.e n’est deviné.e, alors, au prochain tour, le ou la joueur.se ne lancera pas le dé, restera sur cette case et piochera une nouvelle carte de la même série qu’il faudra alors imiter.
    Pour la suite de la partie, chacun.e leur tour, dans le sens des aiguilles d’une montre, les joueur.se.s lancent le dé, se rendent sur la case indiquée et imitent ce qui figure sur la carte piochée.

 

Niveau 2 : Les règles sont les mêmes que pour le premier niveau mais les joueur.se.s doivent mimer les métiers, actions ou sports représentés sur les cartes sans s’aider d’accessoires.

 

Glossaire

Stéréotypes : idées toutes faites, admises sans réflexion par un grand nombre d’individus, à propos d’un groupe d’individus.

Sexe : sexe biologique d’un individu, qui lui a été assigné à la naissance.

Genre : construction sociale. Le genre est défini par “les attributs psychologiques, les activités et les rôles et statuts sociaux culturellement assignés à chacune des catégories de sexe et constituant un système de croyances dont le principe de la détermination biologique est le pivot.” selon Marie-Claude Hurtig, Michèle Kail (Directrice de Recherche au CNRS, spécialiste de psycholinguistique) et Hélène Rouch (Hurtig Marie-Claude, Kail Michèle, Rouch Hélène (éd.), Sexe et genre : de la hiérarchie entre les sexes, Paris, Centre National de la Recherche Scientifique Éd., 2002, p. 13).

Niveau du diplôme : Master

Site Internet : http://www.instagram.com/auxanehanotbailloeuil/