Une constellation de rencontres aux rythmes de la Vienne

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur email

✨Bonjour🌿

Comment je travaille

Je me sens comme un champignon mobile investissant des territoires dans leurs particularités lorsque je suis appelée par leurs mondes. Ceux de la distillation limougeaude, où peuvent naitre les rencontres les plus fines, le monde des vignes de Verneuil-sur-Vienne, ses métamorphoses et ses liens interstitiels entre l’humain et le non-humain; les mondes de sérendipité et leurs temporalités. Cela me mène à la rencontre, de lieux, de personnes, de matières. C’est une adaptabilité de travail qui me permet de mêler des subjectivités, d’aider, de découvrir des gestes, d’écouter et de mieux définir ce qui, pour moi, est la création. Je vibre de la rencontre des réels ( aider à faire tenir, faire avec le dehors, déplacer, aménager, le rythme des végétaux et de la pousse, les amitiés de femmes naissantes aux rythmes des plantes et de leurs métamorphoses parfois enivrantes et troublantes… ) et cela me permet de produire des moments, des pièces ; qui parfois restent, s’intègrent, font avec le lieu ou plus rarement, sont produites à posteriori.


Le récit de mon diplôme

J’ai pensé mon diplôme comme une invitation, une rencontre des personnes ayant accueilli mon travail et moi durant ces années.

J’ai dessiné cette rencontre de rencontres en pensant à la Vienne.

Et ce moment comme mélange, de personnes constituant une constellation de travail, de souvenirs, de rythmes, de mémoires et de savoirs de la région limousine.

C’est donc avec un grand plaisir que j’ai proposé un verre d’anisé limougeaud, le Panazô, fabriqué à la distillerie du centre de limoges dans des alambics datant de sa création en 1957. Une fontaine que j’ai pensé pour lui, avec Pierre Nouhaud maitre artisans liquoriste, est actuellement entre les murs du musée des distillerie limougeaudes. Et un verre de vin qui existe grâce aux mains de marie Helene, vigneronne à Verneuil-sur-Vienne. Avec Marie Helene nos rencontres ont été rythmée sur le temps du raisin. Lorsque je suis venue la première fois en mars 2021, nous avons parlé et marché dans les vignes au repos, je suis revenue en septembre, lorsque les vignes portaient des grappes de raisins, pour les vendanges du raisin blancs puis en octobre lorsque les feuilles des vignes étaient vertes allant vers l’orange et que le raisin devenait vin pour le filtrer. Je suis revenue en mars 2022, les vignes étaient nues, c’était la mise en bouteilles.

Nous avons trinqué puis nous avons regardé un film de 7 minutes mêlant les prises vidéos et sonores et Bertille Hyvon, étudiantx en 3ème année à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Limoges et moi,  réalisées lors de ma diplomabilité. Elle s’est passée dans les vignes de Marie-Hélène. Je suis venue quelques jours avant pour aider, vivre les vignes la nuit, dormir dans la cabane. Bertille et Manon nous ont rejoins et nous avons épampré, parlé, écouté, filmé, enregistré. Le film entremêlait un récit de vignes avec les histoires de mon travail dispersé et était introduit par une citation de l’anthropologue Istvan Praet :

« la prise en compte de connections entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, entre l’échelle moléculaire et l’échelle galactique peut amener à des interrogations radicales. Peut-on encore parler de nous, les humains, ou faut il désormais travailler à partir de nous, les cellules vivantes ; ou encore, nous, les êtres liquides.  » 

Il était projeté dans une tente en bambou recouverte de draps que nous avions teint à la teinture végétale avec Aëla Maï et Floriane Bou.

Puis nous avons parlé de :

Tente, une sculpture réalisée après avoir participé à un chantier d’éco-construction d’un habitat en terre paille où j’ai rencontré Juliette, Gildas et Sam. Il pleuvait beaucoup, on s’abritait souvent sous le barnum. Je me suis inspirée de sa structure et j’ai gravé les souvenirs de matières et de convivialités, sur ce qui, fargilement, tient.

Femmes entres elles, enlacées par les arbres, les tueront tous ; est une amphore gravée je l’ai réalisée après une discussion avec Maria autour du mythe des Ménades et du pouvoir des plantes et de l’expression de la violence chez les femmes. A la recherche d’une plante toxique j’ai rencontré Bernadette, qui possède un potager le long de la ligne ter Limoges-Angoulême, et qui a eu la gentillesse de partir en recherche plantes qui font mal pour moi. Ce fût une digital. Lorsque j’ai montré la première fois cette pièces, la digitale état à peine fleurie, à mon diplôme elle se fanaient, aujourd’hui, elle sont sèches.

Puis nous nous sommes dirigé·es vers la table que j’avais pensé d’après une boucle de la Vienne, faite de planches d’hêtre posées sur des briques en terre-paille. C’était cette même table-rivière qui nous avait accueilli lorsque nous avions trinqué. Nous avons regardé les feuilles de papier végétal et artisanal faites avec et chez Laurence et Bruno Pasdeloup, un couple de papetièr·es dans la Creuse. J’ai imprimé dessus des photographies de mon travail, c’est un moyen de le rassembler car il est dispersé en région limousine. Puis nous avons regardé et parlé de mon mémoire, imprimé sur le même papier, il s’intitule : « gens terres, et l’inverse, et pas que ».

Nous avons par la suite échangé des questions autour d’un repas préparé avec ma maman et Juliette : des salades, du papier végétal comestible sucré et salé et d’autres expérimentations culinaires.

C’était beaucoup de joie de voir réunie/mélangée  l’ENSA une magnifique constellation de rencontres, merci beaucoup aux personnes de s’être déplacées. Je suis très heureuse d’avoir fait prendre de nouveaux chemins à mon travail qui se construit grâce aux souvenirs collectifs et qui l’amène vers d’autres modalités d’existence.

Merci pour votre lecture ,

Bulle Dupont (:

bulledup@yahoo.fr

@montravaildebulledupont

Niveau du diplôme : DNSEP

Site Internet : https://drive.google.com/file/d/1iy4klkV6C6Qver5dDhmgUxKTkxu52zAj/view?usp=sharing