P.A.C.T.E (Partage.Amour.Communion.Transmission.Equilibre)

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Madame, Monsieur, 

Bonjour 

Je m’appelle Eli ODY, en juin dernier j’ai été diplômée d’un DNSEP option Arts, auparavant d’un DNA mention techniques textiles, je me permets de vous envoyer ma candidature afin de figurer dans votre prochain numéro spécial diplômes. Depuis le lycée jusqu’à maintenant j’ai pris l’habitude de me procurer les différents numéros des diplômé.e.s, j’espère avoir l’occasion d’acquérir un numéro où seront présentés les différents projets que vous trouverez ci-dessous. Je commence cette présentation avec un texte général qui présente ma démarche, puis je continue avec trois projets que j’ai présenté lors de mon DNSEP pour finir avec un poème que j’ai nommé Découverte botanique. 

 

ETSEKYE- 

Souvent utilisées comme objet d’ornement, objet d’aliment, objet de toute sorte. Aimées, laissées, peu importe, elles sont le plus souvent déplacées. Déracinées, elles ne peuvent manifester leur mécontentement. Silencieuses, elles même se déplacent, colonisent des territoires dans lesquelles elles ne sont pas attendues. Installées durant la période victorienne, elles résident de plus en plus dans les logements occidentaux. Des lieux dans lesquels des humaines cherchent à les maintenir en vie, leur apporter de l’affection, le nécessaire. Toujours en apesanteur, les plantes se retrouvent dans des pots, dans de l’eau, dans du terreau. Reconstruction d’une histoire brouillée, des paramètres de vie perdus. Une langue, des souvenirs flous. Faisant référence aux passés des parents, aux récits de rencontres, aux matières qui font liens, je crée un 

Partage 

Amour 

Communion 

Transmission 

Equilibre 

Etsekye *, il est temps pour moi de me réapproprier cette culture délaissée. 

* il est temps en langue Akye (Attie), langue parlée par les habitants d’Affery en Côte d’Ivoire.

CETTE TERRE QUE NOUS FOULONS- 
Le jardin est un lieu où l’humain va créer son propre monde. Pour moi ce tapis tissé est ce jardin que je vais réaliser pour me sentir « bien », exorciser un sentiment de mal être sur des sujets tels que l’exil ou l’assimilation qui peuvent être violents pour les personnes qui le vivent. Mais ce sentiment est quelque chose que je considère comme égoïste, puisque je suis la seule à en profiter. Lorsqu’une personne verra ce tableau tissé, il pensera peut être qu’il est bien réalisé. Il pensera plus à l’esthétique que les matériaux que j’ai utilisés. Elle n’osera pas fouler au pied ce tableau textile, c’est sur ce point que mon projet d’étude se base. «L’herbe est plus verte ailleurs» Ailleurs où ? Chez qui ? Pourquoi ? Pourquoi devrais-je fouler cette terre pour un ailleurs imaginaire ? Cet ailleurs imaginaire devrait-il être mon seul référentiel ? Cette terre que nous foulons, montre le contraste entre un sol/terre/espace piétiné par l’humain en recherche permanente d’un ailleurs qui lui semble meilleur, afin de combler un manque, qui le laisse dans un état d’insatisfaction. Ce tapis invite à la contemplation à la manière des nymphéas de Monet, mais aussi au partage autour de sujets tels que le jardinage, l’exile ainsi que l’assimilation. 
CHEZ MOI C’EST ICI ET AILLEURS- 
Depuis octobre 2020, je donne rendez-vous en présentiel ou en visioconférence aux personnes intéressées pour me parler de leurs plantes intérieures. Après ces interviews je leur demande de me transmettre des photos des plantes dans leur lieux de vie J’imprime les photos envoyées pour les mettre en pot, puis les enterre avec le compost de ma résidence. Ces photos me permettent de recréer un autre récit aux plantes, les mettre en relation avec la terre dont elles sont coupées. Dans un second temps, je propose aux personnes qui le souhaitent de placer les plantes sur la carte selon leur origine géographique.  
AKYE KA- 
Akye ka qui signifie plante akye, des plantes sorties de l’imaginaire d’un enfant dit naïf, vivant en pays akye en Côte d’Ivoire. Il ferme les yeux et imagine, des plants de café colorés alors que dans la réalité, quelques adultes ivoiriens dans certaines cultures de cacaoyer, considèrent ces plants de café, comme mauvaises herbes, les brûle au détriment du cacao. 
61 plantes pour 61 années où l’indépendance a été fêté en Côte d’Ivoire. 
61 plantes pour 61 années où la culture du cacao a été mise en avant au détriment de la culture du café. 
61 plantes pour 61 années où les forêts des populations akye sont peu à peu détruites. 
61 années pour 61 plantes imprégnées du café, considéré comme mauvaise herbe, délaissée dans la réalité mais glorifiée dans mon imaginaire par ces couleurs, glorifiées par ce que j’appelle les choses simples qui font de nous des humains. 
DÉCOUVERTE BOTANIQUE-
Je t’observe sans rien dire, 
Pas un mot, je languis, 
De savoir qui tu es. 
Je t’étudie, t’attendris, 
Ne permettant pas que tu te méfies, 
Pour qu’un jour tu m’appartienne. 
La confiance installée, 
Ta liberté envolée, 
Déracinée tu es, 
Malmenée tu seras.

 

Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire et j’espère avoir de vos nouvelles prochainement.

En attendant je vous souhaite une belle journée, 

Eli ODY 

Niveau du diplôme : DNSEP option Art

Site Internet : http://@eliopody%20@histoiresdeplantes