La bande dessinée comme affiche, ou l’inverse

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Dans ma pratique graphique, je m’inspire du flux d’images auquel je suis sujet et tente de développer une sensibilité aux hybridations graphiques entre culture populaire, contre-culture, mondialisation, art et artisanat.

En évoluant à travers ces différentes influences, j’essaie de faire tendre ma pratique personnelle vers une hybridité entre le graphisme, l’illustration et la typographie, pour jouer avec ces différentes notions que j’ai pu apprendre et désapprendre durant mes cinq années d’études à l’ École de recherche graphique de Bruxelles.

Mon jury de fin d’étude présente les projets que j’ai pu réaliser ces deux dernières années.

Les photos sélectionnée font part de mes trois principaux projets :

1 / »Typhoon » est une édition de 32 pages format A4. C’est un travail d’expérimentation sur le champ de la bande-dessinée. J’ai essayé de ré-interpréter ces systèmes de base : Le rapport image/texte, espace/temps, la standardisation du format en jouant avec la limite entre case et dessin et la prépondérance de la forme rectangulaire et sa sémiotique.

Ce jeu graphique m’est apparue durant le premier confinement suite à la lecture de Système de la bande dessinée écrit par Thierry Groensteen en 1999 :

«Le cadre de la vignette exerce six fonctions : de clôture, séparatrice, rythmique, structurante, expressive et lecturale.

– fonction de clôture : il ferme la vignette et lui confère une forme.
– fonction séparatrice : il sépare la vignette de son péri-champ.
– fonction rythmique : il précipite le récit et, simultanément, le contient.
– fonction structurante : il informe et détermine la composition de l’image.
– fonction expressive : il accompagne ou contredit le contenu.
– fonction lecturale : indice de quelque-chose-à-lire, il invite à s’arrêter et à scruter.»

Au fil des 32 pages, les cases s’entre-choquent et s’abstractisent. Le typhon fait rage pour ne laisser que des miettes de cases.

2 / «Xsara Picasso» et «Scarface» sont deux polices de caractères qui ont été dessinées entre le mois de juin 2019 et décembre 2020.
Elles ont été conçues comme des polices de titrages. Leurs noms font référence à des symboles de la culture populaire bien connues et identifiées, ce qui crée un décalage avec le style des fonts, plus proche de l’onglet «sci-fi» de Dafont que du monospace phare de la marque Citroën, et du film des années 80 de Brian De Palma.

L’étape qui a naturellement suivie a été celle du spécimen typographique qui accompagne les caractères pour les présenter, décrire leurs potentiels et leurs variantes : c’est une série d’affiches prévues pour être imprimées au plotter au format A1, donc traitées entièrement au trait vectoriel. Le spécimen navigue entre l’affiche, la bande dessinée, et le stickers (qui ont été extraits de l’affiche pour être imprimés en sérigraphie). Les thèmes sont un melting pot de stickers existants détournés, de photos prises à l’iphone et de vie quotidienne. Les fonts seront libres de droits et téléchargeables via un QR code.

3 / « I’M A 21TH CENTURY DIGITAL BOY », tentative de bande dessinée comme affiche, ou l’inverse.

Ce projet que j’ai commencé s’est présenté plutôt naturellement à moi, puisqu’il combine deux pratiques qui m’étaient quotidiennement courantes : celle du dessin et celle de faire des captures d’écran sur le net.

En regardant toutes ces images de-hiérarchisées flottés sur le bureau de mon ordinateur, entre manga, peinture du XVI siècle, vidéos youtube, photo amateur, croquis scientifique, mèmes et bien d’autres thèmes, j’ai commencé à dessiner et composer des assemblages de formes pour arriver à des compositions sur-chargées de références diverses.

Ce travail fait référence aux flux d’images et d’informations qui m’ont traversé. Séries, flashs news, épidémies, flux humains, modes, copies, pollution. Tout autant de sujets et de façon de se positionner. «I’m a 21th digital boy» est une phrase sortie d’une photo que j’avais prise il y a une dizaine d’années de cela qui m’avait marquée. Elle résume bien ma situation via ma façon de consommer, de me divertir, de diffuser, de m’informer. L’édition est accompagnée d’un format A5 recto-verso qui rassemble toutes les images que j’ai utilisées pour dessiner et qui peut fonctionner comme une sorte d’ «Où est Charlie», version hyperlien wikipedia.

Dans tout ces projets, j’essaie de faire en sorte que la finalité puisse vivre grace à un ensemble, comme dans une édition. Mais toutefois, si une partie en est extraite/agrandit, elle puisse être otonome et prendre le statut d’une affiche, ou un élément de communication.

Niveau du diplôme : Master communication visuelle option illustration

Site Internet : https://www.instagram.com/polpayroll/