Des histoires de rencontres

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On essaye de devenir « artistes-didacticiennes »

Au début, c’est peut-être notre difficulté à cerner  l’intitulé de notre diplôme « Didactique Visuelle » qui nous a motivées. Nous n’arrivions pas vraiment à appréhender ce que didactique voulait vraiment dire ni comment ça se rapportait à notre pratique, mais ce que nous en savions nous donnait envie de creuser. En commençant à comprendre la définition, nous avons réalisé que la didactique s’appliquait à beaucoup de champs en prenant beaucoup de formes. Ceci nous a motivées à explorer les champs et les formes qui nous intéressaient. Nous avons alors commencé à parler de didactique artistique et d’artistes didacticien·nes pour définir nos pratiques, qui ne sont pas que visuelles. En même temps, nous avons décidé de travailler en collectif. Travailler à deux nous permettait d’envisager et développer autrement nos projets. C’était aussi un choix en accord avec notre vision de l’apprentissage et de la création comme des espaces de rencontre et du collectif comme un espace d’apprentissage et de création. 

 

De qui et de quoi apprendre ? 

En mars 2021 nous sommes parties en train et à vélo à la rencontre de différents lieux et personnes en France. Lors de cette « recherche itinérante » nous avons pu échanger avec des bénévoles, travailleur·euses et habitant·es dans leurs lieux de vie, d’apprentissage, de travail, entre autres. Nous n’avions pas un objectif précis mais plutôt l’envie de réfléchir aux sujets qui occupent nos études depuis d’autres cadres et avec des personnes dont les choix nous semblaient intéressants et inspirants. Pendant ce voyage nous avons pris des notes, des images, tenu des carnets écrits et illustrés et recueilli les paroles de personnes avec qui nous nous sommes entretenues. 

Nous sommes allées à la rencontre de ces lieux, ces groupes et ces personnes avec une attention particulière aux sujets qui nous tenaient à cœur et que nous voulions ensuite approfondir dans notre mémoire, dans nos créations plastiques et par la construction de notre collectif. Ces sujets très vastes sont ceux des parcours d’apprentissage, des relations aux savoirs et des manières d’habiter nos environnements (relationnels, géographiques, etc.) et de s’y mouvoir. 

 

Comment faire de l’art quand on est écolo ? (et de la pédagogie quand on n’est pas prof?)

Les voix, les images, les souvenirs, les apprentissages, recueillis sont devenus les « matières premières » à partir desquelles nous avons continué à travailler. La suite de notre recherche itinérante à pris plusieurs formes. La première est celle d’un mémoire, les suivantes sont un podcast et une exposition, elle aussi itinérante. 

Par notre mémoire (Faire son chemin, penser et pratiquer une didactique artistique par le prisme de l’écologisme), nous avons cherché des pistes et des outils pour construire notre métier tel que nous voulons le pratiquer. Pour cela, il fallait se familiariser avec certains termes et concepts en éducation environnementale, militante, populaire et en pédagogie, en didactique, en éco-conception, entre autres. Nous avons également exploré les pratiques d’artistes, pédagogues, scientifiques, travaillant sur les manières de mettre en relation ou d’entrer en relation avec des personnes, des savoirs et des environnements. 

 

A travers un podcast en six épisodes (Habiter – Des histoires de rencontres qui parlent d’habitudes et d’environnements), nous partageons les échanges que nous avons enregistrés lors de notre voyage et qu’il nous semblait dommage de garder pour nous. Les personnes que nous avions rencontrées nous ont touchées et intéressées, nous avons travaillé à mettre en forme leurs voix comme un kaléidoscope d’histoires possibles. Plusieurs des témoignages et des expériences partagées nous semblaient résonner les unes avec les autres, nous avons alors mis en relation des voix qui ne se rencontrent pas géographiquement mais dont la rencontre peut créer quelque chose, des formes de consonance ou de dissonance significatives. 

 

Par notre exposition nous avons essayé de trouver une manière d’aller au-delà de l’illustration ou la transcription de nos sujets et de nos questions. Nous avons tenté de créer plusieurs approches artistiques et didactiques pour toucher différentes sensibilités : certain·es seront peut-être attiré·es par l’idée de faire, d’autres de partager, de regarder, d’écouter, de toucher, etc. Puisque nous n’avons pas tout compris et que nous ne pouvons tout expliquer, nous proposons à chacun·e d’enrichir l’exposition de ses expériences et de ses apprentissages propres, pour en découvrir toujours un peu plus. Nous voulions plutôt expérimenter, sans vouloir tout raconter ou tout mettre, mettre à l’œuvre l’exposition, son public et nous. 

 

Niveau du diplôme : DNSEP