L’anosmie : un handicap alimentaire

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L’anosmie : un handicap olfactif

Être réveillé par la douce odeur d’un petit déjeuner, sentir le café et l’odeur des croissants chauds. Cette situation de nombreuses personnes ne les vivront ou ne les revivront jamais.

À travers ce projet, je vous propose de vous mettre à la place d’une personne anosmique afin de comprendre quels sont les enjeux de ce handicap ainsi que les problématiques qu’il pose. De même qu’une odeur est invisible, le handicap lié aux odeurs l’est aussi. Ce handicap profond, plus intime invisible bouleverse le quotidien de personnes anosmiques. Ce handicap est dû en grande majorité à la détérioration des nerfs et neurorécepteurs olfactifs et provoque une perte d’odorat. Il touche environ 9 % de la population française, dans certains cas la perte d’odorat entraîne également la perte de 80 % du goût.

Cela entraîne de nombreux troubles alimentaires, une personne anosmique ne ressent plus le besoin de s’alimenter correctement, elle ne prend plus de plaisir à manger ou à partager des moments autour d’une table avec ces proches.

Aujourd’hui, je souhaite provoquer une prise de conscience positive à l’égard des personnes souffrant d’anosmie. En effet, ces personnes ne pourront pas ressentir les odeurs ni le goût. Mais je souhaite leur permettre d’amorcer une rééducation par la stimulation du toucher, de la vue et de l’ouïe. Ces stimuli ouvriront un nouveau champ de perceptions et offriront une nouvelle vision de l’anosmie.

Pour nous, ça représente une vie derrière un bocal. Le magnifique buffet que l’on vous a dressé pour passer à table, pour vous il a les couleurs et les odeurs. Pour nous, il a les couleurs, mais il n’a pas les odeurs certes, c’est un peu comme si on le voyait en noir et blanc. Et derrière une vitre. Avec le droit d’y toucher, mais en sachant que ce ne sera pas bon. » Bernard Perroud, Président de l’Association Française pour l’Anosmie et l’Ageusie, SOS Anosmie.

Un plat habituel est composé de textures qui sont superposées, accumulées, voire même fusionnées. Cela crée un langage culinaire complexe. Je souhaite, à travers ce projet proposer un objet transitoire de rééducation aux textures en éduquant le palais autrement. Mon objectif est de décomposer les différentes textures d’un plat afin de mieux les sentir. Je souhaite permettre au dégustateur d’expérimenter sont plat en le rendant acteur de sa propre dégustation. C’est-à-dire que celui-ci ne ferait pas que déguster, il pourrait faire ses propres ajustements, combinaisons et mélange.

 

 

Les scénarii

Une personne anosmique ne voit pas en quoi prendre du temps pour cuisiner serait bénéfique pour lui. De ce fait, je souhaite proposer un scénario en deux temps.

Dans un premier temps, je souhaite proposer un événement dans un restaurant. Les plats seraient créés en partenariat avec un chef. Son objectif serait d’élaborer des plats qui mettent en avant les textures. Celui-ci proposerait aux personnes anosmiques de vivre une expérience afin de leur montrer et de leur faire prendre conscience qu’il est possible d’avoir des perceptions lorsqu’ils mangent. De plus, le dispositif mis en place permettrait de communiquer sur l’anosmie et de sensibiliser le grand public à ce handicap. Les codes de la restauration classiques seraient cassés afin d’en faire un terrain d’expérimentation à la rééducation alimentaire.

Dans un second temps, et après avoir vécu l’expérience, le dispositif sous forme de kit serait disponible à la vente afin de poursuivre la rééducation à domicile. Ce kit se composerait, du dispositif ainsi que d’un guide rédigé en collaboration avec le chef afin de permettre aux usagers de revivre l’expérience en les incitant à cuisiner. Ce scénario est favorisé en période de pandémie. Un live avec un chef cuisinier est ajouté pour compléter l’expérience.

Le dispositif

Le dispositif la palette à textures est composée en quatre parties. La première est un ensemble de six contenants en verre faisant appel au sens de la vue, de toucher et de l’ouïe grâce à un travail de synesthésie mêlant les couleurs, les textures et les sons. Par exemple, une des textures du plat qui serait dur pourrait être représentée par une couleur verte. Celle-ci serait accompagnée d’une texture en relief cassante et d’un son de verre grave. Les six contenants disposent d’une ouverture différente.

La deuxième partie est la toile d’expérimentation. Il s’agit ici d’un contenant plus gros en verre transparent qui mette en avant les combinaisons faites par le dégustateur. Dans ce contenant, l’usager a la possibilité de faire ses propres ajustements. La troisième partie est un plateau. Simple et épuré visuellement, il vient seulement séparer d’une ligne les contenants du terrain d’expérimentation. Sa fonction est d’apporter le plat à table.

Enfin, il y a trois outils de dégustations expérimentaux. La pipette sert à transporter et goûter les textures liquides. La spatule est composée d’un léger recoin afin de transporter et goûter plus facilement des textures dures, aériennes et souples. Pour finir, le pinceau permet de saupoudrer des textures friables et onctueuses afin de terminer la composition.

Angèle Luccatio

Designer de produits et d’événementiel

Niveau du diplôme : Diplôme Supérieur d'Arts Appliqués, option Design de Produits

Site Internet : https://drive.google.com/file/d/1LSqPu2A_tkcQrWu7K6ttDnMIorPbrpwG/view?usp=sharing