Dans le flot de l’archipel, mémoires programmées

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[Note (hors-texte) : mon projet se présentant sous la forme d’une installation qui sera présentée du 5 au 6 Octobre prochain à l’ésad_orléans, je pourrais éventuellement remplacer les visuels commençant par « installation » par des images mieux contextualisées. Et si le cœur vous en dit vous pourrez même me rendre visite à cette occasion :)]
Mon travail de recherche, incarné dans ce projet, dresse le constat que les récits que nous produisons et lisons à l’ère du numérique sont des récits mobiles, changeants, résultat d’une logique des réseaux et d’une organisation de l’information dans les flux immédiate et fragmentée. Pour autant, bien que les récits se retrouvent dissous dans ces flux, il est possible pour les utilisateurs, à partir de la quantité de contenus mis à disposition au sein des réseaux, de recréer du récit à partir du flot des données et de reprendre le contrôle sur ces espaces à partir d’outils de récupération et d’organisation de ces contenus. C’est ce que j’ai appelé « sculpter les flux », mettant également en évidence que ces outils, comme l’ensemble de nos environnement numériques, sont le produit d’écritures programmatiques, et donc le fait d’instructions invisibles à l’œuvre et que le récit prend un caractère avant tout technique. De ce fait il s’agit avant tout de représenter le fonctionnement de ces mécaniques.

Dans le flot de l’archipel, mémoires programmées puise son origine dans ma pratique du code et de la programmation qui me permet de mettre en place une relation de co-auctorialité avec la machine (l’ordinateur) et vise à produire des récits dans le cadre de cette coopération. Dans un premier temps j’ai développé un logiciel de modification des images qui repose sur trois programmes formant un réseau. Ceux-ci, que j’ai appelés respectivement Tisserande, Tapisseuse et Teinturière ou les TTT, possèdent chacun une fonction particulière leur permettant de les modifier de différentes manières : la Tisserande trame les images, la Tapisseuse dépose de la matière par dessus, et la Teinturière les colore. Chacun de ces programmes travaille en autonomie et en réseau, ce qui permet de conjuguer leur action au sein de l’image et du récit qu’elle produit.

Les images traitées par ce logiciel sont issues de diverses archives de photographies sur Internet libres de droit et placées à l’intérieur d’un répertoire commun aux trois programmes qui constitue mon corpus narratif. Je les ai sélectionnées selon une thématique et une période communes qui est celle de la vie quotidienne entre 1942 et 1978, afin de favoriser les liens que l’on peut faire entre elles et l’émergence de nouveaux récits. Ce fonds de visuels s’accompagne de répliques provenant du film d’Alain Resnais, L’année dernière à Marienbad, qui s’inscrit dans cette même période (1961). Par la suite, il sera possible d’augmenter ce fonds expérimental, d’en élargir les horizons.

Dans le flot de l’archipel, mémoires programmées est ainsi un dispositif narratif immersif présenté sous la forme d’une installation diffusant ces images en constante mutation. L’installation se compose de trois îlots (donnant de la sorte son nom au dispositif) qui agissent dans l’ombre de la projection et représentent chacun un des programmes. Dans chaque îlot, un écran est accompagné d’une imprimante. L’écran montre le travail en cours du programme, la manière dont il modifie les images avant que celle-ci ne soit projetée, et l’imprimante restitue une trace de cette action. Tous ces éléments forment et suivent le mouvement de ces récits programmés en constante évolution, un flot perpétuel.

Niveau du diplôme : DNSEP

Site Internet : http://instagram.com/jessyasselineau