« Il n’y a rien d’incompréhensible », disait Lautréamont dans ses Chants de Maldoror. Je ne suis pas d’accord. L’incompréhensible, l’impalpable, aux limites de nos terminaisons nerveuses, rend l’univers cohérent, nous porte et nous permet d’aller voir « ce qu’il y a derrière ». Au-delà du sensoriel et du frôlement des étoffes, au-delà de ce que l’on appelle le monde sensible, se trouve l’intérêt de l’existence de toute chose. Après avoir fait plus que frôler du regard ce qui nous entoure, après être passés outre l’évidence, le mystère persiste et signe, dans toutes les langues.
Le Bruit du bourdon du building de la cinquième avenue de la ville dans ta tête est un conte qui ne s’adresse pas aux enfants mais à ceux que nous étions. Je dissèque mon récit en images pour faire apparaître « la forme de la naissance merveilleuse » (Vladimir Propp), dessinant un visuel toutes les deux ou trois phrases. La morphologie du conte se révèle au cours des pages et des mots, dans cette analyse du récit imaginaire ainsi que dans ma pratique plastique.
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