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Vouloir faire dans une école professionnelle de photographie un travail sur l’autobiographie est un peu dangereux : c’est une démarche artistique, peut-être même iconoclaste. L’avenir commercial d’une telle démarche est, pour le moins, incertain …
La vocation initiatique du mémoire de fin d’études marque le passage dans la vie active autant que dans la vie d’adulte. Ainsi, la partie pratique est donc une manière de donner à voir ce que l’on est capable de réaliser autant que ce que l’on voudrait donner à voir la superposition de ce que l’on est, ou de ce que l’on voudrait être, au moment de ce passage
Cette superposition est particulièrement explicite dans le choix de l’autobiographie photographique : ma partie pratique est une manière de répondre au désir d’une pratique photographique personnelle, à la fois dans une approche littéraire, et dans une approche iconographique.
La convergence de mon projet avec certaines réalisations (celles de photographes qui se sont pris à mélanger les images dont ils avaient été les parents, et les images de leurs parents) m’a suggéré la pertinence de cette méthode à la fois littéraire, photographique et iconographique de faire dans un contexte fécond.
Vouloir faire son autobiographie, cela signifie aussi vouloir plaire. Vouloir plaire comme auteur, et vouloir plaire comme personne. L'histoire peut être belle, dramatique, déchirante, onirique ou héroïque, le but est toujours de plaire. Je pense, comme Philippe Lejeune, que les auteurs d'autobiographie ont d'abord besoin d'être aimés.
Ma partie pratique est une tentative d'autobiographie fondée sur la photographie. Mais a-t-on tant à raconter à vingt-cinq ans ? Si l'on veut être modeste, il faut que ce soit l'histoire qui plaise d'abord.
Mais montrer que l’on peut raconter parler d’un sujet universel à partir d’une histoire singulière, c’est légitimer l’expérience même de l’autobiographie. Cette observation pourra d’ailleurs s’étendre à toutes les histoires qui intéressent. Commencer par la sa propre histoire, n’est pas forcément une fin en soi, mais c’est peut-être une forme de passage vers d’autres histoires.
L’histoire que je vais raconter, je ne m'en souviens pas. C'est l'histoire d'avant ma naissance. Ce sont, pour beaucoup d'entre elles, des photographies prises par d'autres. Je voulais connaître mon père avant qu'il soit mon père, savoir si mes sœurs m'attendaient, savoir si le monde existait avant moi. Ces personnes qui m'on fait ont aussi réalisées ces photographies. Comme si ces photographies m'avaient aidé à devenir moi.
C’est une histoire visuelle qui tente de raconter comment on devient « soi », à travers les regards croisés qui se sont portés sur les membres de ma propre famille.
Pour le constituer, j'ai été à la fois photographe et iconographe.
Ce travail sera présenté sous la forme d’un livre. Il ne vise pas à reprendre ni à reproduire l'expérience du “livre expérimental”. Ce support m'a cependant paru pertinent en deux points : une fois produit, il fait date. Par ailleurs, le dessein autobiographique trouve son origine même dans le support livresque.
Vouloir faire dans une école professionnelle de photographie un travail sur l’autobiographie est un peu dangereux : c’est une démarche artistique, peut-être même iconoclaste. L’avenir commercial d’une telle démarche est, pour le moins, incertain …
La vocation initiatique du mémoire de fin d’études marque le passage dans la vie active autant que dans la vie d’adulte. Ainsi, la partie pratique est donc une manière de donner à voir ce que l’on est capable de réaliser autant que ce que l’on voudrait donner à voir la superposition de ce que l’on est, ou de ce que l’on voudrait être, au moment de ce passage
Cette superposition est particulièrement explicite dans le choix de l’autobiographie photographique : ma partie pratique est une manière de répondre au désir d’une pratique photographique personnelle, à la fois dans une approche littéraire, et dans une approche iconographique.
La convergence de mon projet avec certaines réalisations (celles de photographes qui se sont pris à mélanger les images dont ils avaient été les parents, et les images de leurs parents) m’a suggéré la pertinence de cette méthode à la fois littéraire, photographique et iconographique de faire dans un contexte fécond.
Vouloir faire son autobiographie, cela signifie aussi vouloir plaire. Vouloir plaire comme auteur, et vouloir plaire comme personne. L'histoire peut être belle, dramatique, déchirante, onirique ou héroïque, le but est toujours de plaire. Je pense, comme Philippe Lejeune, que les auteurs d'autobiographie ont d'abord besoin d'être aimés.
Ma partie pratique est une tentative d'autobiographie fondée sur la photographie. Mais a-t-on tant à raconter à vingt-cinq ans ? Si l'on veut être modeste, il faut que ce soit l'histoire qui plaise d'abord.
Mais montrer que l’on peut raconter parler d’un sujet universel à partir d’une histoire singulière, c’est légitimer l’expérience même de l’autobiographie. Cette observation pourra d’ailleurs s’étendre à toutes les histoires qui intéressent. Commencer par la sa propre histoire, n’est pas forcément une fin en soi, mais c’est peut-être une forme de passage vers d’autres histoires.
L’histoire que je vais raconter, je ne m'en souviens pas. C'est l'histoire d'avant ma naissance. Ce sont, pour beaucoup d'entre elles, des photographies prises par d'autres. Je voulais connaître mon père avant qu'il soit mon père, savoir si mes sœurs m'attendaient, savoir si le monde existait avant moi. Ces personnes qui m'on fait ont aussi réalisées ces photographies. Comme si ces photographies m'avaient aidé à devenir moi.
C’est une histoire visuelle qui tente de raconter comment on devient « soi », à travers les regards croisés qui se sont portés sur les membres de ma propre famille.
Pour le constituer, j'ai été à la fois photographe et iconographe.
Ce travail sera présenté sous la forme d’un livre. Il ne vise pas à reprendre ni à reproduire l'expérience du “livre expérimental”. Ce support m'a cependant paru pertinent en deux points : une fois produit, il fait date. Par ailleurs, le dessein autobiographique trouve son origine même dans le support livresque.