Benjamin Lieb
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Un Caractère aux frontières.

L'industrialisation rapide du début du XXème siècle ainsi que le développement économique et politique en Europe va donner un nouveau souffle à la typographie. En 1907 se fonde par Eugen Diederichs et Peter Behrens à Munich la "Deutsche Werkbund", une association de designers qui contribue au "revival" de la typographie allemande, dialoguant entre modernisme (caractères romains) et tradition (blackletter).Les caractères blackletter (tels que les frakturs, les schwabachers, les texturas ou les rotundas appartenants chacuns à une époque différente), étaient à cette époque controversés pour des questions de lisibilité. Se devait d'utiliser des caractères romains l'homme qui se disait moderne. De cette association de (proto)designers naquirent des alphabets tels que le "Behrens schrift", le "Kursiv" ou encore le "Behrens Medieval", ces alphabets (certains plus que d'autres) étaient censés résoudre ce conflit, les formes des lettres étants à mi chemin entre chacun des deux types de caractères.En 1941, un arrêté du régime nazi clôtura le débat interdisant l'utilisation et l'impression des caractères gothiques (blackletters), sous prétexte que ces lettres furent dessinées par les juifs, depuis, seulement quelques typographes et professeurs ont revisité la question. Mon intérêt pour la typographie et le dessin de caractère me mena à me réapproprier également cette question, ma volonté initiale étant de dessiner un caractère entier en vue de mon DNAT.
"Il est important que les processus conceptuels et d'ordonnancement d'un nouvel alphabet soient considéré comme un tout formel concret. Avant de coucher les premiers signes sur le papier, il faut définir les aspects très précis tels que les problèmes de style, les données techniques ainsi que les notions d'objectifs et de destination." Horst Heiderhoff, professeur en typographie.
Outre la question du dessin regardant cette partie historique de la typographie en Allemagne (dessiner un jeu de caractères à mi-chemin entre le gothique et le romain), la notion de destination m'est apparue dans un temps précèdent, à la suite de la lecture d'un texte de Gerard Unger (La frontière de la bière et du vin) qui démontrait les différences d'encombrement de la langue hollandaise par rapport à la langue française; j' eû alors envie de dessiner un caractère de texte (orienté vers le titrage plutôt que vers le texte dit "de labeur") "optimisé", en deux versions (une dont la chasse serait réduite pour palier à la différence d'encombrement du français par rapport à l'allemand) visant non pas à supprimer totalement cet encombrement, mais à le réduire, à le faire exister et à le démontrer. M'aidant des nombreux outils qui m'entourent, je dessine un caractère aux frontières

Le projet s'articule en 3 parties:
- Le dessin du caractère "Grenzen", hybride Romain/gothique.
-La question de l'encombrement, dessin d'une seconde version du caractère,le "Grenzenlos", optimisé pour l'Allemand.
-La présentation du caractère final et de ses applications.


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