TRANSLATIO TYPOGRAPHIAE (traduire la typographie), est un projet de création de caractères qui tente d'ouvrir la voie vers des typographies d'un nouveau genre ou du moins à changer certaines idées préconçues que l'on peut avoir sur les polices de caractères.
Nous percevons aujourd'hui les formes typographiques à travers le prisme de la sphère commerciale et du progrès de l'outil informatique mais nous oublions bien souvent que la base de tout texte composé est la langue qui le compose. Il existe cependant un domaine où langue et typographie doivent cohabiter harmonieusement : les ouvrages multilingues.
Dans le contexte typographique actuel, on remarque un intérêt pour les typographies comportant des caractères non-latin. En règle général, on adapte les différents alphabets pour qu'ils adoptent un dessin cohérent entre eux.
S'il est facile de différencier un texte en arabe d'un texte en anglais, qu'en est-il entre un texte en anglais et un texte en français ? La typographie répond aux deux langues par une seule et unique forme latine. Les ouvrages multilingues comportant des langues composées en alphabet latin souffrent de cette lacune et souvent on use et abuse des variantes de graisses, de chasses, voire de corps pour la combler.
En réponse à cette problématique, le caractère Polyglot possède cinq styles "nationaux" qui habillent un squelette unique pour les bas-de-casse. La hauteur d’x est la même pour toute la famille, seules les longues du haut et du bas varient selon les pays, contribuant ainsi à donner la couleur «locale» au caractère choisi. Les capitales remplissent leur fonction selon les langues, et leurs structures diffèrent : petites et étroites pour les besoins de l’allemand, larges et trapues pour l’italien, elles imposent un style plus monumental pour le français et l’anglais alors que l’espagnol arbore un côté plus scriptural, voire calligraphique. Les différences de taille des capitales améliorent aussi la distinction entre les langues dans un ouvrage multilingue. Certaines lettres permettent d’affirmer le style typographique de chaque langue. Ainsi, les « a », « g », les « y », ou « Q »…, par exemple, jouent de signes distinctifs renforçant le tempérament de chaque langue.
Au-delà des problèmes liés à la typographie des langues composées en caractères latins, la traduction pose un problème d’espace au metteur en page car chaque langue possède un rythme visuel qui lui est propre. Pour une justification, un interlignage et un corps de texte identique, la traduction d’un texte français en anglais occupera un espace différent. Le bon graphiste saura tirer avantage de cette contrainte. Mais dans un monde où la typographie est utilisable par tout un chacun, et où la création de livres est souvent restreinte par des contraintes de temps ou d’argent, il semble nécessaire de résoudre ce problème en l’attaquant à sa source : le caractère typographique.
Le Polyglot Regular respecte l’espace occupé naturellement par les langues dans leurs traductions respectives. Il possède cependant une version appelée D.O.M. (Dessin Optimisé pour le Multilingue) qui garde la forme originale des caractères, tout en se rapprochant au maximum d’une unité d'occupation de l'espace entre les textes traduits.
Le Polyglot se présente comme un outil typographique à destination des ouvrages et des éditions multilingues. Il permet une différenciation singulière entre les langues, dans le respect de leurs cultures typographiques, et offre aussi, grâce à la version D.O.M. une fonctionnalité bien pratique pour les graphistes travaillant en multilingue.
il y a 12 mois